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  • : Blog consacré aux Rickshaw Wallahs et relayant un voyage Dhaka-Delhi à vélo-rickshaw (oct 2008-mars 2009)
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2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 23:59

Vous trouverez ici une rubrique consacrée à des témoignages de quelques voyageurs évoquant leurs rencontres avec les Rickshaw-Wallahs. Des anecdotes, « brutes », livrées tel quel...  
Si vous aussi vous souhaitez participer à cette rubrique, n’hésitez pas à me contacter. Vos témoignages seront mis en ligne. C’est aussi là le sens de ce blog.

Jean-Louis

2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 00:05

"(...)
   A une échelle très différente, j'ai agi pareil avec les "cyclos-rickshaws" . Ces vélos biplaces, 80 kilos à vide et pas de dérailleur, qui servent encore, dans beaucoup trop de villes, de taxi. Je les ai rarement pris (principalement à Varanasi et Delhi) et mon esprit a toujours été partagé entre le désir de faire vivre une personne (et, indirectement, une famille) ou perpétuer une situation d'exploitation presque coloniale.              
 
   Ce qui m’a d’abord intrigue, c’est la taille des mollets des conducteurs de rickshaws : si ces velos bringueballants charges de frigos ou de gros americains sont si pénibles, comment expliquer que leurs mollets ne soient pas muscles ? 
   J’ai donc voulu en avoir le Coeur net : de la gare de Varanasi au “centre-ville”, il y a 3 kilomètres. J’ai donc demandé au conducteur de cyclo-rickshaw, hilare, de s’asseoir à l’arrière, et j’ai pédalé pour rentrer. 
   Le premier probleme est de “lancer” la machine de 200 kilos. Il faut en fait prendre quelques mètres d’élan en poussant le cyclo, puis sauter dessus et continuer à pédaler. A partir de ce moment, tant que la route est plane et que la circulation est fluide, pédaler n’est pas physiquement difficile. A condition de ne pas être pressé. Mais bon, on est en Inde. 
    La situation se complique quand le traffic s’épaissit. La marge de manoeuvre, avec cet engin, est assez…surprenante au début. Pas moyen, pour moi, de me faufiler entre les voitures, les motos, les cheveaux et les chiens. Le pire, c’est quand il faut s’arrêter… il faut ensuire sauter du velo et courir de nouveau à côté sur quelques mètres. 
   Le deuxième probleme, c’est quand la route n’est plus plate. Qu’elle monte ou qu’elle descende. Même imperceptiblement. En effet, dans chaque petite descente, le cyclo-rickshaw prend de la vitesse, et devient vite incontrollable. Une seule solution : klaxonner, crier et serrer les fesses jusqu’à la fin. 
    Pour les montées, c’est le contraire. Le plus petit faux-plat deviant un Paris-Roubaix. A nouveau, il faut descendre et pousser à côté. 
   Conclusion : le cyclo-rickshaw, ce n’est pas très difficile sur une route plate et degagee. Mais ensuite, il faut des nerfs d’indien. 
   En tout cas, je ne regrette pas. Et puis, les passants passaient de la surprise au rire en voyant un occidental crier “Chola ! Chola !” en conduisant un cyclo-rickshaw sur lequel trônait, hilare, le conducteur officiel. "
Thibaud
Retrouvez Thibaud sur :
http://un-indien-dans-la-ville.over-blog.com/

2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 00:03
(...)
"Je vais témoigner de mon expérience avec un vélo rickshaw et qui a changé ma façon de voir les choses.
C'était en novembre 2007, je débarquais à la gare routière de Pondicherry. Une cohorte de rickshaw wallah me sollicite pour une course. L'un d'entre attire mon attention par son calme, sans me forcer la main. Après négociation, nous nous entendons sur le prix : 30 R. Je le suis, nous sortons de la gare routière. et là, quelle fut pas ma surprise de voir un "vélo rickshaw". J'avais toujours décidé, par principe, de ne jamais prendre un vélo rickshaw. De voir ces pauvres gars, s'éreinter à me tirer moi et mes 15kg de paquetage sous le cagnare de l'Inde, était pour moi inacceptable ! Même si je savais au fond de moi-même, que la plupart de ces gens avais une famille à nourrir. Je fais la moue, me voilà bien embêté. Mais bon, je me suis engagé, je ne peux plus reculer. Et ce que je redoutais arriva ! Plus on avançait, plus le rythme ralentissait, et plus mon conducteur transpirait. Ma gêne et ma honte, elles aussi, allaint créchendo. Le temps me paraissais interminable, et dire que j'avais négocié la course pour 30r... enfin, au bout de 10mn, 1/4h, je ne sais plus trop, on arrive à cette guesthouss de charme que j'avais repéré dans mon guide. On m'annonce le prix de 500r. Trop chère pour moi. Je demande à mon conducteur de me conduire à une autre adresse. Je suis toujours aussi gêné, je lui demande si ce n'est pas trop loin. Il me rassure, avec un sourire, en me répondant que non. Après s'être reposé 5 mn, voici que son visage ruisselle à nouveau de sueur. J'essaie de déculpabiliser en me disant que de toute façon, je lui donnerai un bon pourboire. Arrivé à la deuxième adresse, le problème du prix se pose encore.
Je lui demande alors s'il connaît une adresse pas trop chère. J'insiste sur le rapport qualité-prix. Il affirme connaître une guesthouss qui me conviendrait. Je suis suspicieux, je me dis (par expérience) qu'il va peut-être m'emmener dans un boui-boui où il touchera sa commission. Mais bon, je tente le coup. et nous voilà à nouveau sur la route, pédalant encore une bonne dizaine de minutes. Arrivé à l'endroit,on accède à la guesthousse en traversant une grande allée bordée de végétaux et de fleurs, c'est charmant. Je demande à visiter une chambre. Elle est monacale, mais les draps sont d'un blanc immaculé, il y a une télé et surtout, comble du luxe en Inde, une douche avec l'eau chaude. Je me demandais qu'elle prix j'allais bien pouvoir négocier. Et bien, j'ai réussis à négocier la chambre pour 175r par jour (pour 5 jours tout de même). Je n'en revenais pas, je n'avais jamais trouvé un aussi meilleurs rapport qualité-prix en 1 mois et demi de voyage en Inde. J'ai rejoints mon conducteur en le remerciant vivement et lui ai tendus un billet de 100r en plus des 30 de départ. Il a ouvert de grand yeux, étonné, lui non plus n'en revenait pas. Après coup, je me suis dis que j'aurais pu lui donner plus, vue l'économie que j'avais fais. Encore une fois j'ai eu honte de moi, mais cette fois ci d'avoir douté de lui. J'avais ramené une montre dans mon sac, que j'avais dans l'idée de donner à quelqu'un. C'était là l'occasion, il la méritait vraiment. Hélas, j'ai eu beau essayer de le retrouver en scooter, même à la gare routière, je ne l'ai jamais revu. J'ai regretté de ne pas avoir pu lui faire ce cadeau.
Cette expérience a profondément modifié mes a priori sur les vélos rickshaw, et certainement mes préjugés dans la relation à l'Autre. Il faut vivre ses propres ses expériences et faire abstraction du reste qui ne peut être que subjectif.
Pour info, le nom de l'hôtel (plutôt guesthouss) "Hôtel Continental" 48, Labourdonnais street. Dans le quartier Français, le plus sympa à mon goût."
(...)

Jean
février 2009
2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 00:02

"J'étais avec un copain bangladeshi et on cherchait un rickshaw. 
Je lui dis : "tiens on peut prendre celui ci" en lui montrant du doigt un rickshaw arreté. 
Il me répond : "non non il est trop vieux..."(le conducteur). 
En fait, plus ils vieillissent et plus c'est dur pour eux, d'une part physiquement, et d'autre part parce qu'ils ont de moins en moins de courses car les gens préfèrent les jeunes conducteurs qui vont plus vite.

Une derniere anedocte concerne un article que j'ai lu dans le Daily Times il y a 1 mois environ quand j'étais au Bangladesh. Cela relatait l'histoire d'un jeune qui suite à un accident, a perdu la jambe droite et le bras gauche. Après avoir mendié pendant plusieurs années, il n'était pas satisfait de sa vie car il ne supportait pas de mendier. Alors il a réussi à convaincre un loueur de rickshaw (comme je disais, la grande majorité des rickshaw driver louent leur rickshaw) de lui en louer un. Et depuis, il est rickshaw à Dhaka, la capitale. Il raconte qu'il ne peut prendre qu'une seule personne à la fois, que beaucoup de gens refusent encore de monter dans son rickshaw, mais que all in all, il arrive à vivre de ça. Une magnifique histoire accompagnée d'une photo où tu le vois sur son rickshaw avec un bras et une jambe en moins. Je crois bien qu'il s'agissait du Daily Times ...
(...)
Et sinon il n'est pas rare de voir des babous (des enfants) de 10-12 ans conduirent des rickshaws...." 

Pierre 
janvier 2008

2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 00:01

"L'année dernière à Jaipur, après m'être perdu à de multiples reprises dans la ville, je décide de répondre à la sollicitation d'un rickshaw pour m'emmener visiter le fort d'Amber. Je me demandais bien comment il allait arriver jusque là en pédalant, sachant que c'était assez loin et que cela montait. Nous y sommes bien arrivés, parfois en poussant (à deux) le rickshaw, et il m'attendait pour le retour.
En rentrant, j'ai senti qu'il voulait me faire visiter différents commerces. J'ai eu les arguments les plus c... pour l'éviter ("Shopping, that's for women."..), mais il insistait. Malgré moi, j'ai visité deux magasins qui ne m'intéressaient pas. J'ai fait la leçon à A.., le conducteur, qui m'a finalement avoué qu'il recevait 50 rps de chaque commerce, même si je n'achetais rien, pour autant que j'y reste au moins une dizaine de minutes.
Nous avons donc conclu un "deal". J'acceptais de visiter quelques commerces, et en échange, il me faisait visiter des coins sympas. Finalement, A... a été mon chauffeur personnel pendant trois jours ! Si je retourne cette année dans cette ville, j'ai son n° de téléphone et je n'hésiterai pas à l'appeler ! "


Manu
août 2008