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  • : Blog consacré aux Rickshaw Wallahs et relayant un voyage Dhaka-Delhi à vélo-rickshaw (oct 2008-mars 2009)
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30 mars 2008 7 30 /03 /mars /2008 23:49

Jeudi 1er mai 2008: Quelques tours de roues en direction de St Pierre d’Albigny....

Au milieu des vignobles de Savoie...

En passant au pied du Chateau Médiéval de Miolans qui surplombe St Pierre d'Albigny...
(pour en savoir plus sur le Chateau de Miolans :
http://www.123savoie.com/article-172-1-chateau-de-miolans.html
)

Budhbar fait la tête...Il ne veut plus avancer...
...
Je n'ai aucun passager. Je n'avance pas.
A chaque difficulté, j'ai bien souvent des pensées pour les Rickshaw Wallahs, là bas, sur place, qui font ce travail si épuisant. Eux n'ont pas le choix. Alors certes, ils ne vont pas par ces mêmes routes au relief parfois prononcé. Il n'empêche. Leur courage impressionnant, leur force leur volonté boulversantes retentissent en moi à chaque difficulté. Ca n'a rien d'un "mimétisme" ou d'une "assimiliation". Non, c'est juste que "j'entrevois", "un peu", leurs difficultées dans ces escapades ...

C'est parfois plus roulant...

Repos sur les berges du Lac de St Pierre d'Albigny...

Budhbar apprécie le paysage...

Retour sur Albertville par les chemins forestiers, histoire de se familiariser avec les revêtements aléatoires des routes de l’Inde et du Bangladesh...

Retour par le "Chemin des Ecoliers", en flanant le long de rivière...

Jean-Louis

(à suivre)

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30 mars 2008 7 30 /03 /mars /2008 23:48

Vendredi 20 juin 2008:

Budhbar n’est pas loin de la déprime ces temps. Du fond de son garage, il perçoit la pluie, le vent, la fraicheur qui sévissent depuis quelques semaines déjà. Il en a le teint pale, et dans cette luminosité terne semblable à celle d’un automne, ses couleurs ne resplendissent plus. Il courre à la déprime. Sur.

Quel est donc la couleur d’un été ici dans cette partie du monde se demande-t-il. Il y a un an, à pareille époque, si loin là bas chez lui, il arpentait les routes et les chemins sous une chaleur accablante. C’était soleil, c’était ciel bleu. Certes, c’était mousson aussi parfois. Et des trombes d’eau s’abattaient alors plus rapidement qu’il n’en faut pour le dire. Rafraîchissement garanti. Quand ça ne dégénérait pas en une catastrophe.

Rien de semblable ici sur les terres de Savoie. C’est temps gris depuis des semaines en ce mois de juin.  Gris clair, gris sombre ; entre gris clair et gris foncé.

 

Mais ce vendredi, c’est tout autre chose. Enfin, il fait beau, très beau. Enfin, il fait chaud. Le soleil est déjà haut en cette fin de matinée. Oubliées alors les pensées « déprime ». Il n’en faut pas plus pour que Budhbar retrouve le teint qui est le sien. Ses couleurs flamboyantes resplendissent à nouveau sous ce soleil de juin.

 

Demain c’est l’Eté. Quoi de plus réjouissant alors que de célébrer la venue de l’Eté en participant demain à une Fête des Ecoles. Nous baladeront les enfants. « Soleil »,tout ça.

 

Comme convenu, nous partons donc pour Pontcharra. Une cinquantaine de kms, à travers la plaine de la Combe de Savoie. Ce sera paysages agricoles, cultures de blé et de maïs. Des champs ont été fanés. L’herbe récemment coupée se sèche aux rayons du soleil. Elle sera rentrée d’ici peu.

 


Après Bourgneuf, un faux plat et un léger vent de face me permet d’avoir une approche « autre » de ce paysage, de cette longue ligne droite interminable.  Passage par La Rochette. Un arrêt au plan d’eau pour nous rafraîchir. Les senteurs sont d’été, les parfums agréables. Quelques personnes discutent à l’ombre sous les arbres. Budhbar attire leur attention. Nous échangeons qques mots, parlons de ce voyage. Las bas, ds un village, au Bangladesh ou en Inde, d’ici quelques semaines seulement, ce même type de rencontre risque fort de s’apparenter à un attroupement. Je suis impatient de ces rencontres. Ce sera d’autres mots échangés, des regards aussi échangés qui palieront à la défaillance de mon vocabulaire hindi et bengali.

 


Nous reprenons la route pour ce final. Il est près de 18 heures. Le soleil est encore haut. Nous arrivons à Pontcharra.

 

Samedi 21 juin 2008:

C’est Fete des Ecole au Groupe Scolaire Villard Benoit.

Prune sera la première passagère. J’ai dormi chez ses parents cette nuit.

Nous voilà donc parti pour quelques centaines de mètres pour rejoindre le groupe scolaire. Christophe, son papa nous suit en voiture. Elle trouve le rickshaw confortable et semble apprécier l’instant. Budhbar en est ravi.

Ce sont les enfants qui « ouvrent » la Fête des Ecoles. Ils chantent certaines des chansons apprises en cours d’années. Les cours moyens succèdent aux cours élémentaires. Les camescopes et appareils photos sont de sortie. Les parents y vont de leurs appréciations et de leurs encouragements.   

Sitôt le spectacle fini,  les enfants se précipitent dehors à la recherche du 1er stand de la fête. Ce sera Pêche à la ligne, Jonglage, Parcours Sportifs, Maquillage,  Ballooneur , Stand Crêpes pour certains déjà. Les activités ne manquent pas.

Budhbar se tient en retrait, sur un coté de la cour. Trop « extravagant » peut être pour croire qu’il est aussi de la Fete, les enfants ne prêtent guère attention à lui en ce début d’apm. Il y en a pour les autres stands, pas pour Budhbar.


Et puis…

Et puis voilà qu’un enfant s’approche de Budhbar, tourne autour de lui en se demandant bien quel est ce drôle de véhicule.

« On peut faire un tour ? »

Bien sur qu’on peut faire un tour. Le casque attaché pour l’enfant, nous voilà donc parti pour les premiers tours de roue de l’apm sous le regard amusé de son père. Quelques centaines de mètres parcourus autour de l’école . Nous voilà de retour

Ce sera curiosité, attention, amusement, éveil. Les enfants voudront savoir d’où vient ce drole de vélo, qui le conduit las bas en Inde, qui il emmène. Ils voudront savoir si c’est difficile de le conduire, si las bas, il fait aussi chaud que cet apm. « Ca doit être un dur travail » me lance l’un d’eux.

Je n’arrêterai plus de l’apm. Le copine succédant au copain, le copain à la copine, le frère à la sœur, la sœur au petit frère. Il y a celui qui veut faire deux tours , celle qui se verrait bien aller à l’école avec un tel vélo avec papa pour le conduire.

Il est près de 17 heures. Il « faut » bien arrêter. Dernier enfant à balader. Une bien belle après midi que les enfants semblent avoir apprécié.

 

Dimanche 22 juin 2008:

Départ en cette fin de matinée pour le retour sur Albertville. Christophe m’accompagne jusqu’à Montmélian. Nous croisons bon nombre de cyclos. Ils y vont de leurs « Salut », tandis que des automobilistes y vont de leur coup de kaxon pour me dire « Bonjour ». Le klaxon sympahique, ça existe.

Quelques photos prises sur le pont  Cuenot à Montmélian

Nous rentrons par la nationale jusqu’à St Pierre d’Albigny. La circulation est dense en ce dim apm. Ca tombe bien. La circulation en Inde est dense, aussi. Il faut m’y faire. Las bas, en plus, elle est anarchique. A celui qui se fraie un chemin, à celui qui existe.






Nous finissons notre sortie en revenant par les chemins forestiers jusqu’à Albertville. Une centaine de kms, en « configuration voyage », avec valise et matérieL photo, histoire de « faire le point «  sur certaines donnes et de rectifier pour les sortie futures.


Jean-Louis 

 

 

 


(à suivre)

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30 mars 2008 7 30 /03 /mars /2008 23:47

Dimanche 24 aout 2008:

 

« Tu leur diras comme elle était belle cette journée.

Tu leur diras comme le soleil est bon ici. Comme cet apm. Rien à voir avec cette chaleur parfois humide et étouffante que je connaissais là bas…et que d’ici peu tu vas rencontrer…. !

Accha…. !

Tu t’y feras. T’inquiètes pas. Parce que tu devras t’y faire. Ils s’y font bien les rickshaw wallahs de Dhaka ou Delhi. Tu n’avais qu’un 26-28° au mieux cet apm. Ils signeraient pour ça, tu sais…

 

Tu leur diras comme je prends plaisir à découvrir cette région. Comme il était chouette le Mont Blanc cet apm. Il resplendissait. Lumineux. Il semblait si proche.. A portée de rickshaw. Peut-être qu’un jour on ira le voir de plus près n’est ce pas.

Allez dis moi..

 

Tu leur diras aussi comme je prends plaisir d’être l’attention de tous ces regards. Comme cet apm. C’est bien loin de  ces coups de bâtons reçus parfois dans les rues de Dhaka pour avoir obstrué je n’sais quel passage. Rien de tout ça ici. Non, des gens attentionnés, interpellé par l’exotisme, par l’ailleurs, par « l’autre » peut-être.

Et je t’écoute leur raconter ton projet. C’est magique..

Ils te suivront disent-ils. Combien tu vas en emmener dis moi sur ta banquette.

Et toi, tu me laisses là…

 

T’aurais pu prendre des photos cet apm de cette sortie en «condition voyage » . Vu que t’as passé « ta journée » à finaliser différents angles de vues. T’as rien pris. Tu leur montreras nos autres sorties alors n’est-ce pas ?. 

Tu sais, à propos, pour les images, ça « sautera » sans doute davantage las bas. Les routes, las bas, c’est nids de poules sur nid de poules. Ou bien alors, c’est piste.

Enfin, tu verras….

 

T’as aussi un peu « galéré » aujourd’hui avec le vent n’est ce pas. Ca « soufflait ». Ok la capote était en position ouverture maxi. Merci, du reste, je suis si ravissant ainsi me dit-on.

Prise de vent maxi. Comme ça, ça t’entraîne. Après tout, t’as plus qu’un mois pour ça. A peine plus. Profites en donc de « galérer » ainsi… »

 

Budhbar

 

(à suivre)

 

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28 février 2008 4 28 /02 /février /2008 23:59

J’ai parcouru près de 4200 kms. Le voyage a duré 6 mois (oct 2008-mars 2009). La moyenne kilométrique par jour pédalé a été de 50 kms environ. Les étapes ont varié de 30 à 80 kms. J'ai poussé le rickshaw parfois, parfois sur plusieurs kilomètres, à cause du vent et des dénivelés (uniquement en Inde).

 

Bangladesh (oct-nov 2008) : 750 kms env parcourus
Après quelques jours passés à Dhaka pour mise en place du projet (achat rickshaw, familiarisation avec la circulation, etc),

      

je me suis d'abord rendu chez mon ami Mustafa à Mymensingh au nord du pays, pour commencer le voyage.

Retour ensuite sur Dhaka, pour une continuation sur le sud-est sur Chittagong. Retour sur Dhaka puis continuation, seul cette fois, sur le sud-ouest du Bangladesh,

     

avant d’entrer en Inde (début décembre 2008)


Accompagné de Mustafa (rickshaw wallah à Dhaka) qui m’a suivi à vélo : 200 kms env parcourus

    Dhaka –Mymensigh : à rickshaw

    Comilla – Chadpur : à rickshaw


ps : retour Mymensigh – Dhaka : transport du rickshaw par pick-up
 
       

      Dhaka – Chittagong : transport du rickshaw par pick-up

      Chittagong – Ragamatti – Chittagong : à la journée par bus

      Chittagong – Comilla : transport du rickshaw par pick-up

     Chadpur – Dhaka : transport du rickshaw par bateau


Seul : 550 kms env parcourus
(parti le 20 novembre de Dhaka) 

Dhaka-Mawa-Bhanga-Madaripur-Barisal-Perojpur-Bagherhat-Khulna-Mongla-Khulna-Satkhira-Benapol (poste frontière Bang Bangladesh-Inde franchi le 4 décembre (2))

 

 

Inde (déc 2008-mars 2009) : 3430 kms env

 

Après être entré en Inde à la hauteur de Kolkata, l’idée a été de suivre la Vallée du Gange et la Great Trunk Road. Je me suis rendu ainsi à Gaya, Varanasi (Bénarès), haut lieu de la spiritualité hindoue

     

Allahabad, Agra, et le Taj Mahal...

     

avant de poursuivre sur Delhi. Continuation sur le nord-ouest jusqu'à Amritsar centre du Sikhisme (tout aussi célèbre que le Taj Mahal , le « Golden Temple »),

     

 à quelques kms de la frontière pakistanaise, puis retour sur mes pas en direction de Delhi via Chandigarh, ville nouvelle construite par Le Corbusier dans les années 50.

        
 

Benapol-Haridaspur (poste frontière Inde Bangladesh-Inde) -Habra-Calcutta-Chundura-Kalna-Mayapur-Katwa-Bolpur-Durajpur-Asansol-Kumardubi-Barwadda-Dumri-Parasnath-Dumri-Burkatha-Chauparan-Dhobi-BodhGaya–Gaya-Sherghati-Aurangabad-Sinsura-Mohania-Murghai-Varanasi-Gopiganj-Allahabad-Kolahimpur-Fatethpur-Kanpur-Akbarpur-Aurayia-Ettawa-Sirsaganj-Fairazabad-Agra-Mathura-Vrindavan-Palwal-Delhi-Rohtak-Jind-Narwana-Sangrur-Barnala-Tallewal-Moga-Taran Taran-Amritsar-Gurdaspur-Hoshiarpur-Una-Anandpur Sahib-Rupnagar-Chandigarh-Ambala-Kurukshetra-Panipat-Sonipat-Delhi

ps : Agra-Fatehpur Sikri-Agra : par bus  

  

(1) le nombre de kms est donné à titre indicatif, n’ayant pas installé de compteur kilométrique sur le rickshaw

(2) le passage du rickshaw du Bangladesh en Inde a nécessité de longues tractations à Dhaka (Office d’ Exportation) ainsi qu’au poste de frontière entrée Inde (Haridaspur). 

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30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 23:59

Les carnets de route qui alimentent cette rubrique s’apparentent davantage à des coups de cœur qu’à une véritable évocation du chemin parcouru journellement. Dans ces carnets, les rencontres et les descriptions des lieux ont été toujours privilégiées par rapport à la simple évocation de soucis matériels d’une journée écoulée.

Jean-Louis
 

ps: cette rubrique suit l'ordre chronologique

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30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 23:57

Tu m’as fait un croche patte, Dhaka, ou alors je me suis laissé séduire par toi. Je n’en sais rien au juste. Entre une histoire de « Je t’aime » et de « Je ne t’aime pas ». Déjà. Tu m’as pourtant griffé ces premières heures, et puis voilà, je suis toujours entre tes murs.

 
Je ne comprends pas. Tu me « fatigues » pourtant de ta circulation apocalyptique, de tes bruits incessants, de ton animation envahissante. Ce n’est rien de le dire. « Fatigué » de ne rien faire pourtant, « fatigué » de voir, de ne pas regarder, « fatigué » d’entendre, de ne pas écouter. Dis moi, t’en a « assommé » et t’en assommeras combien encore des touristes comme moi.

Pas même tu me laisses la place pour me frayer un chemin. A pied. Bouchon de rickshaw. Immobile. Mettre un pied devant l’autre. J’aimerai bien. Je ne peux pas. Il faut enjamber ci, enjamber ça, regarder devant, derrière.
Un manque d’attention, et je suis bon pour me faire renverser, ou pour bousculer un de ces petits marchands de rues. Il y a la celui qui nettoie les oreilles, ou celui qui fait la couture. Il y a là celui qui vend son thé, ou qui vend son pan.
        
        
Il y a là celui qui vend quelques cigarettes, ou trois ou quatre poissons qui agonisent en tournant en rond au fond d’une bassine d’eau noirâtre. Il y a là celui qui vend ses  sept ou huit oranges, celle qui…Non. Il n’ y a pas « Celle ». Il n’ y a jamais « Celle » dans ces petits boulots. Ou très rarement. Reflet d’une société. Peut être. Je n’en sais rien.

Alors, c’est vrai que tu en abrites du monde dans tes rues. Que ce soit le jour, que ce soit la nuit.

J’ai vu ces gens la nuit prendre place sur des nattes à même le sol. Old Dhaka. Plein centre. Une jeune femme allongée au sol sur un tapis, tient dans ses bras son enfant. Autour d’eux quelques ustensiles. Elle dort. Ou semble dormir. Tromper le temps. Peut être. Autour d’eux, l’activité bat son plein. Comme si de rien n’était. Ce n’est rien.

Sur d’autres lieux, j’ai vu des familles dans des conditions aussi précaires. C’est à quelques centaines de mètres des centres commerciaux. Il y a là une bâche bleue attachée à quatre bouts de bois. Un mètre cinquante environ de haut. A coté, un foyer autour duquel bavardent femmes et enfants. Les hommes ne sont pas là, ou plus là. Je ne sais pas. Tout semble « du plus naturel ». L’activité de la rue est « fluide » en dépit de la scène. Signe du télescopage des différentes classes d’une société. Comme il en existe parfois chez nous aussi.

Je ne sais rien des nuits de ces gens là, de leurs journées non plus. Je ne sais rien de leur vie.

Tu m’as logé derrière l’embarcadère Dhaka, vers Sadar Ghat, à quelques mètres de Buriganga River, histoire que je vive davantage encore à ton rythme. L’animation y est totale c’est certain. C’est le lieu des entrepôts d’épices, de fruits et de légumes. 
        
J’ai ainsi goûté à tes parfums. De ces parfums indéfinissables au fond, où les odeurs s’entremêlent. Va donc faire le tri là dedans. J’en suis bien incapable. L’ensemble est excellent. Douceur olfactive, en dépit de quelques tas d’ordures qui ont oublié de se faire discret. 

 

J’ai arrêté le temps et les activités de bon nombre de tes habitants en flânant dans tes rues. Combien d’attention tes ôtes me portent ! Je ne peux faire guère de pas sans que je sois interpellé par l’un d’entre eux. « Witch country ? » « May I help you ? ». Combien j’en ai entendu ces quelques jours. Je suis abordé sitôt que je semble chercher mon chemin ou autre chose.

Ils veulent savoir ci, veulent savoir ça. Curiosité. Gentillesse. Je vous retrouve là.

Et si bien même nos connaissances respectives en anglais et en bangla sont limitées, il nous reste les gestes et les sourires pour communiquer.

          

Je n’avais jusque là jamais trouvé autant de gens attentionnés. J’ai découvert ça chez toi ici. Et en dépit de ton rythme de vie qui tient du délire, je garderai de toi un excellent souvenir.

 

Jean Louis

(à suivre)

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30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 23:55

Alors c’est donc toi le « New Rickshaw », qui va t’en aller sur les routes du pays. T’échapperas donc à notre « enfer » d’ici, t’échapperas donc à notre quotidien. Tu n’en seras  au mieux que témoin. Tu m’diras, tu rencontreras sans doute d’autres « enfers » comme le notre dans le pays. Tu m’raconteras ça. Tu « repasseras » bien ici à ton retour, n’est-ce pas ?

Enfin, tu sais au moins ta chance, j’espère. Tu vas te balader toi, tu t’en fous. T’as vu un peu à quoi ça ressemble la vie ici ? T’as vu le cadre ?

   
Ces plaques de tôles à la verticale là bas, ça délimite à nous tous notre « chez nous ». Les planches, là haut, c’est pour les rickshaw wallahs, c’est pour dormir. Pas de matelas, non. Au mieux quelques nattes. 

                           
Ce point d’eau, au milieu de la cour, c’est pour eux encore, pour leur toilette. Oui, ils sont une centaine ici, je sais. Ils ne sont « que ! » 70 de l’autre coté de la rue, dans l’autre « boutique ».

Eh bien oui, t’as pas d’intimité. Je sais. C’est comme ça la vie ici.

    

Pour manger, c’est repas collectif pour tous. T’aimes, t’aimes pas, c’est pareil…

Ce sont des femmes du quartier qui font les repas…

C’est ça la vie ici…

La Vie ici, c’est aussi donner au boss chaque jour en rentrant, 80 à 100 Takas pour la location du rickshaw (1). Un bon « business », tu vois, la location de rickshaw…

       
La Vie
ici, elle est sans doute meilleure qu’ à Mymensingh, d’où tous ces rickshaw wallahs sont originaires. Ils y ont laissé les leurs, et s’en retournent les voir une fois par mois …

La Vie ici, tu vois, c’est comme ça…

 

Jean-Louis

(à suivre)

 

(1) le tarif de location varie de 80 Takas pour les rickshaws les plus vieux à 100 Takas pour les rickshaws les plus neufs

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30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 23:53

Jeudi 16 octobre. Dhaka. Banlieue nord, du coté de l’aéroport. Quartier de Kolatori.

C’est fin d’après midi. Grégoire nous quitte. Il voulait voir mon rickshaw. Il m’a accompagné cet après midi chez Mustaffa. Il retourne maintenant sur Dhaka rejoindre Marie.

Mustaffa me conduit alors chez un de ses amis déposer mes bagages. Nous bavardons avec lui, buvons le thé. C’est tradition ici. Nous partons ensuite faire des emplettes.

Mustaffa me conduit à travers le marché du quartier. Les échoppes viennent d’ouvrir. Petites boutiques de rues. Il y a là le vendeur de légumes qui fait et refait ses étalages. Il les « soigne », en prend soin. Ce sont des présentations « pyramidales » d’oranges ou de citrons. Il y a là les vendeurs de noix de coco, de bananes. A coté le coiffeur-barbier. Un homme se fait rasé. Dans un filet, dans un grand panier d’osier, sept à huit poules blanches « attendent  sagement que leur tour arrive ». Mustaffa me demande si j’aime le poulet.  « Yes, I like »… Quelques mots échangés avec le vendeur, et je vois celui-ci plonger sa main dans le filet. Battement d’ailes. Instinct de survie. En vain. Il l’a attrapée, s’en retourne de quelques pas, et le couteau à la main, tranche le coup de la poule. Ce sera donc poule ce soir, au repas…

Mustaffa m’emmène voir le marché des épices. Je n’y connais rien. Dommage. Elles sont innombrables, dans les couleurs orangées ou brunâtres. Les senteurs sont exquises.

Après quelques thés offerts par les différents commerçants, Mustaffa m’invite à acheter lungi et sandales. C’est plus pratique pour conduire le rickshaw me dit-il. J’achète deux lungi, l’un bordeau, l’autre bleu. Il s’agit d’un drap de tissus qu’on s’enroule autour de la taille et qu’on laisse tomber le long de ses jambes. Ce sont surtout les rickshaw wallah qui les portent.

J’achète aussi sandales en plastique.

Il fait nuit maintenant. Nous rentrons. Je change mon pantalon pour mon « lungi ». Pas évident à faire tenir…

Nous pénétrons dans la maison du cuisiner de la Compagnie de rickshaw. C’est une cabane de tôle ondulé et de natte de bois. Nous prenons place sur le sommier. Face à moi, une tv et un vieux poste radio reposent sur une commode. Des malles, des sacs, des ustensiles de cuisine garnissent la pièce de façon anarchique.

Une coupure d’électricité nous plonge dans le noir pendant plusieurs minutes. Les rickshaw wallahs présents sortent leurs portables pour profiter de « l’éclairage » de ceux-ci. Une femme va chercher trois bougies et les allume. C’est plus « efficace » comme éclairage. Nous attendons le retour de l’électricité pour déjeuner.

Ce sera donc « chicken and rice » ce soir. Mustaffa est allé me chercher un coca et une nouvelle bouteille d’eau. Je viens de finir la mienne. Je suis l’invité ce soir. Je suis aux petits soins.

Nous passerons la soirée à « bavarder », à écouter la tv aussi, une tv que les rickshaw wallahs présents apprécient même s’ils n’en comprennent pas les paroles. La chaîne est indienne. Bollywood s’invite chez les rickshaw wallahs…

Nous avons terminé le repas. Je suis invité à aller me coucher dans le cabanon à l’entrée de la cour, sous le dortoir (1) des rickshaw wallahs. Il donne sur la rue. Un cabanon de tôle ondulé, de deux mètres par deux mètres. Il ne faut pas être grand pour entrer. Ca tombe bien. Je peux rentrer sans baisser la tête. Dans ce cabanon, un plateau de bois m’attend. Une couverture y est étendue, deux oreillers posés. Une moustiquaire a été installée. Mustaffa m’invite à entrer sous celle ci, puis la borde aux quatre coins du lit. Il prend soin de moi.

Un ventilateur et une lampe au plafond me tiennent compagnie ce début de nuit. Après quelques minutes, je finis par comprendre que Mustaffa est allé se coucher ailleurs. Sans doute « au dessus de ma tête » avec les autres rickshaw wallahs. Je peux éteindre.

Je m’endors « délicatement », entre la dureté du sommier et les aboiements des chiens. Il y a aussi les rickshaw wallahs qui poursuivent les discussions.

Je me lève tard. Bon nombres de rickshaw wallahs ont déjà quitté la Compagnie.

Mustaffa m’invite à faire ma toilette. « In side, is-it ok ? ». Il me montre  un cabinet de toilette fermé. Je préfère faire ma toilette en « partie close ». Les autres rickshaw wallahs font leur toilette autour de la fontaine, dans un coin de la cour. Je ne suis encore pas très à l’aise avec mon « lungi » pour me laver « en public ». L’idée que je puisse le perdre reste en « suspend »…

Mustaffa me fournit seau d’eau et savon. Le rasage, ça attendra plus tard.

La toilette faite, Mustaffa m’invite à prendre le petit déjeuner. Nous partons au marché où nous étions hier soir. Nous entrons dans une de ces petites échoppes de rue. Les gens se  poussent du banc et me font une place. Ce sera omelette avec nan, ces pains ronds cuits que l’on retrouve sur tout le sous-continent. C’est un enfant d’une dizaine d’année qui me sert. Je peux me dire que c’est vendredi, qu’il n’y a pas école…

 Il fait chaud quand nous ressortons du « restaurant ». Le ciel est bleu limpide. Nous regagnons la Compagnie

 

Jean-Louis

(à suivre)

 

(1) Il s’agit d’une plateforme de 4mx20m env, située à une hauteur de deux mètres environ à laquelle on accède par une échelle. Sur cette plateforme dorment les rickshaw wallahs les uns à cotés des autres, chacun sous sa moustiquaire. Sous cette plateforme, leurs rickshaws. Dans cette compagnie, une centaine de rickshaw wallahs, répartis en deux dortoirs.

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30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 23:51

Quartier de Banani. Premiers tours de roue sur le secteur. Je m’en vais consulter internet au cyber café près de l’ambassade de Suisse.

Je dois emprunter le grand axe qui relie Gulshan à Banani. L’accès est interdit aux rickshaws. Des panneaux le stipulent. Mais je n’ai d’autre solution pour franchir le lac qui sépare les deux quartiers. Je ne connais pas assez le secteur pour m’aventurer sur un autre chemin.

Des policiers sont là, pas très loin, à une intersection. Ils « font » la circulation. Je sais bien aussi, que ceux ci « tolèrent » le passage des rickshaws selon horaires… Et « autres ». Je l’ai vu.

Je me lance. On verra bien.

Le revêtement est parfait. Le rickshaw semble plus facile à conduire, moins lourd que Budhbar peut-être. Ou est ce du à la mécanique neuve. Moins de frottements. Sans doute. C’est une bonne surprise.

 Je me tiens bien à gauche de la voie. Des coups de klaxons bien sur, mais c’est pour le « décor », pour le « folklore ». Pas pour moi. Devant moi, un cycliste. Il « n’avance pas ». Je ne veux pas m’éterniser sur cette voie. Je le dépasse, lui souris. Sonné ! Il n’en croit pas ses yeux. Son regard semble hagard.

J’arrive près des policiers. Ils me regardent passer, surpris et amusés. Ils me laissent passer, ne disent mot.

Le lac franchi, j’emprunte sur ma gauche la première rue. Rue secondaire…et défoncée. Ca va de paire.

Après quelques centaines de mètres parcourus, me voici de retour sur le grand axe qui relie Banani à Gulshan. Je m’arrête. J’interpelle un jeune homme. Je suis « un peu ( !) » au milieu de la route. Je n’y prête pas attention.

- Hello please, do you speak english?

- Yes my friend

- Do you know where is Swiss Embassy ?

- Yes, it ‘s just on the opposite side, me montrant du doigt la direction.

Witch country please?

- France. I am french.

Rapidement, plusieurs personnes s’ approchent du rickshaw.

- Please, what is this rickshaw ?

- This is the mine

- This is your rickshaw ? ? ? ? ? ! ! ! ! !

-  Yes

-  Do you have bought this rickshaw ? ? ? ? ? ! ! ! ! !

-  Yes, in Kolatori.

-  Really ? ? ? ? ? ! ! ! ! !

-  Yes, this is my rickshaw

Ils sont bien une « bonne » vingtaine maintenant autour du rickshaw. Un CNG (1) s’approche.

- …And…what will you do with this rickshaw …(…?)

-  I will try to visit Bangladesh and India. I will try to meet rickshaw wallahs. First, I will go to Chittagong by rickshaw.

-  ? ? ? ? ? ! ! ! ! !

- Hey ! Hey !  Hey !  Hey ! Ziiiiis !  Ziiiiis ! Ziiiiis ! (2) Tuuuuut ! Tuuuuut ! Tuuuuut ! (3)

C’est peut-être une trentaine de personnes qui sont autour du rickshaw. L’attroupement bloque le passage des piétons et véhicules. Le CNG ne peut passer. Klaxons. Des sifflets se font entendre. Je dois partir, quitter les lieux…

 

Jean-Louis

(à suivre)

 

(1) Triporteur taxi de couleur verte officiant sur Dhaka

(2)  Coup de sifflets…de policiers peut-être

(3)  Coup de klaxons…divers et variés … ! ! !

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30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 23:49

Je descends du rickshaw, le pousse. Un fossé à franchir. Une dernière grimpette de quelques mètres, sur l’herbe. Ce sont les derniers tours de roue. Un dernier coup de rein, et nous voici arrivés sur une plateforme de terre battue que borde une maison en torchis. Nous sommes arrivés chez Mustaffa.
         

De ces instants hors du temps. Une plénitude. Quand je te disais, le Temps, que je te ferai « élastic »…
...

         
Sa famille vient à nous. Son père, sa femme accompagnée de ses enfants, ses amis aussi. Ils échangent quelques mots, me sourient, s’approchent rapidement de moi. Ils se tiennent là, debout, droit, à un mètre ou deux de moi. Il y a là des hommes, des femmes, des enfants. Les hommes portent tous le lungi. Les femmes sont « drapées » dans des sarees colorés. Ils me dévisagent, font des « dodelinements » de la tête. Des regards perçants, lumineux. Comme celui des enfants qui s’émerveillent pour un oui, pour un non.  Ce sont peut-être de grands enfants au fond. A s’émerveiller d’une rencontre, de l’étranger, de l’incongru aussi peut-être.

         
Je ne dis rien. Je savoure ces instants de rencontre, non pas d’être  la « vedette » d’un jour. De ces instants qui nous surprennent nous même.

Je suis invité à m’asseoir sur un banc de bois qu’un homme m’apporte.

«- Seat down please, seat down » me lance Mustaffa.

Je m’assois donc, regarde autour de moi. Sur ma gauche et face à moi, une maison de torchis au toit de métal. Derrière moi, la rizière que nous venons de longer sur quelques mètres. La terre est humide, les plants sont longs. C’est récolte le mois prochain. Sur ma droite, la famille et les amis de Mustaffa. Derrière eux à quelques mètres, deux vaches maigres broutent sous des arbres que je ne sais reconnaître. Dommage. Une poule suivie de ses poussins vont et viennent. Une petite chèvre noire est couchée. Dans la même direction, j’aperçois une autre maison, faite de tôle et de torchis.

         

Je m’essaie à mon bangla. Je « pique » au hasard dans leurs conversations des sonorités faciles à retenir. Je les ressors. Je fais rire l’assemblée. Mon bangla ne doit pas être encore très au point…

«- Come on please, come on. We go to my home, ok? »…

Je me lève, quitte mon banc. Les personnes présentes s’écartent pour me laisser passer.

Nous empruntons un chemin étroit qui mène à la dernière maison que j’ai vue…


Jean-Louis

(à suivre)

 

 ps : partis de Dhaka le 21 octobre en tout début d’après midi, nous sommes arrivés chez Mustaffa le 22 en fin de matinée. J’ai conduit le rickshaw, Mustaffa m’a suivi à vélo. Nous sommes sortis de Dhaka par une route à quatre voies. Trafic intense, où la vigilance doit être de mise.

Nous avons suivi cet axe Dhaka-Mymensingh sur plusieurs kilomètres, avant de nous engager « plein ouest » sur les routes de campagne. Finis les bus et les camions. Les rickshaws et autres cyclos prennent possession de ces petites routes étroites qui sillonnent la campagne Bangladeshi. De nombreux étangs plus ou moins vastes bordaient les routes. Des pêcheurs relevaient des filets carrés tenus au bout d’une canne de bambou. D’autres marchaient dans ces mêmes étangs, le dos courbé, poussant devant eux leur filet. Rizières, bananiers, cocotiers, nous ont accompagnés jusque chez Mustaffa.

              
J’ai passé là trois jours grandioses dans sa famille. J’étais aux petits soins. J’ai découvert une approche autre de la communauté familiale, du privé et de l’intime. Relations autres.

J’ai fait connaissance avec sa femme Shoumi, ses enfants Kamal et Mouni, ses amis. J’ai vécu au rythme des palabres, des innombrables thés pris d’échoppe en échoppe au village. Je suis allé rendre visite à Bibi la grand-mère. J’ai rencontré Malek le jour de son mariage…

         
Trois jours hors du temps. J’ai rencontré l’exceptionnel…

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