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  • : Blog consacré aux Rickshaw Wallahs et relayant un voyage Dhaka-Delhi à vélo-rickshaw (oct 2008-mars 2009)
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1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 00:02
«Août 1989

Une ville, en Inde

Ce matin, le
Rickshaw Wallah
attend comme chaque jour le bus de 11 heures en provenance de Jaipur. Une
centaine de passagers en descendent quotidiennement.

Autant de clients potentiels.

La gare routière est en périphérie, et il faut alors parfois conduire les voyageurs à l’autre bout de la ville. Une longue course certes. Mais la recette est là. Assurée.
Et puis, dans ce bus, bien souvent, il y a des touristes étrangers. C’est une ligne qu’ils prennent fréquemment. Et la garantie alors pour un petit extra. Un supplément de prix pour la course. Il n’y a rien d’anormal à ça.
 
Il sait bien que le bus a souvent du retard. Mais il préfère toujours arriver quelques minutes en avance. On ne sait jamais. Dans ce pays, tout est imprévisible. Et même un car peut avoir de l’avance sur l’horaire prévu. Et si c’était le cas, et qu’il n’était pas là à l’arrivée des voyageurs, adieu la course qui fait recette.
Il est 11 heures. Le bus n’est pas arrivé. Il a du retard ce matin encore.
 
11 h 25. Des grands coups de klaxon enfin. C’est le bus de Jaipur qui avertit de son arrivée. Il s’engage sur le parking de la gare routière. Comme chaque jour alors, dans un chahut indescriptible, un attroupement se forme rapidement au milieu des cris autour du car encore en mouvement. Il y a là les rabatteurs d’hôtel, de restaurant, d’autres Rickshaw Wallahs aussi, les vendeurs de bananes, de chai, les cireurs de chaussures. Il y a là aussi deux vaches qui entravent le passage et qu’il faut vite faire dégager. Pour ça c’est jeu d’enfant, parce que face à ce vacarme, à ce tintamarre, elles s’en vont sur le champ, et en galopant. Instinct de survie peut-être.
Le bus stoppe enfin. Le chauffeur arrête le moteur. Il faut alors pour chacun jouer des coudes et s’approcher de la sortie du bus. Des cris, des hurlements, du tapage, des braillements, des coups de sifflets, chacun y va de son registre pour attirer l’attention.
Attirer l’attention. Le maître mot. Attirer l’attention à soi d’un passager, et c’est presque une course de rickshaw assurée, un chai de vendu, un régime de bananes écoulé, des chaussures de cirées.
 
Il voit un jeune couple de touristes étrangers. Il tape à leurs vitres. Ils se retournent instinctivement, leur sourit. Il ne les quittent plus des yeux. Les jeunes gens se lèvent lentement de leur siège et regroupent leurs bagages. Imperturbables. Comme si de rien n’était. Ils bavardent entre eux, regardent ailleurs, devant, derrière, au plafond même, mais pas du coté des vitres. Ils pourraient croiser son regard…
 
Le pauvre homme est parvenu avec effort à se frayer un chemin jusqu’aux portes de sortie du bus. Il attend le jeune couple. Les passagers commencent à descendre. C’est au tour des jeunes gens.
“- Come, come “
Le Rickshaw Wallah joue encore des coudes, et d’un geste cherche à s’emparer de leurs bagages et s’adresse à eux
« - Come, come, no problem ».
Tout le monde dit ça ici. Ce sont les seuls mots d’anglais qu’il connaît.
Dans de grandes gesticulations, il leur fait comprendre qu’il veut les emmener tous les deux avec leurs bagages.
Le jeune couple reste dubitatif.
Il leur faut pourtant bien sortir de cet attroupement.
“ - No, it’s ok. We need nothing. And we have too big baggages. They are too heavy for you. We can’t go with you.”
Il ne comprend pas. Que disent-ils. Bien sûr qu’il reconnaît la consonance. C’est de l’anglais sans doute. Et puis les touristes étrangers ne parlent qu’anglais. 
“ Come, come, no problem “
Le Rickshaw Wallah talonne le jeune couple qui cherche à s’extraire au plus vite avec leurs bagages de cet attroupement hétéroclite. Ils poussent des coudes eux aussi .
-“ Come, come, no problem. Come, C...
- NO, IT’S OK ! WE NEED NOTHING !
NOTHING !
DO YOU UNDERSTAND ! ?
NOTHING !
OK ! ?
 
L’ homme s’arrête alors brutalement. Il laisse s’éloigner les jeunes gens qui s’approchent alors d’un motor rickshaw. Il les voit converser avec le conducteur. Puis le jeune couple se glisse dans le triporteur jaune et noir qui démarre et s’en va.
 
Se faire agresser, verbalement, c’est son lot quotidien. Ce n’est même plus ça, ce qui le fige.
Non, il ne comprend pas.
Il aurait pu faire la course. Sans soucis. Deux personnes, des bagages. Ce poids là, c’est son lot quotidien aussi.
Est-ce la honte de se faire transporter ainsi par un homme au profil si frêle ? Est-ce la crainte de sa propre conscience ? Est-ce la pitié ? Est-ce L’arrogance ?
Il ne sait pas.
Je ne sais pas.
Il sait qu’une course vient de lui échapper, une course qui aurait pu faire recette : les hôtels sont à l’autre bout de la ville.
J’ai vu et revu cette scène combien de fois… »
 
Jean-Louis

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1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 00:01

« Delhi septembre 2005

   Me voilà donc arrivé à Pahar Ganj. Cinq cents mètres ? Mille mètres peut-être parcourus? Je ne sais pas. J’ai du mal à apprécier les distances au milieu de cette circulation si dense.
Je sors mon porte monnaie et cherche mon billet de cinq roupies. Cinq roupies ! Pas même dix centimes d’Euro ! No comment. Et dire que je paie là peut-être deux fois le prix que le Rickshaw-Wallah fait payer à ses concitoyens. Je suis touriste. C’est peut-être deux fois le prix mais tout ça ça reste à 5 roupies, et le mot « marchandage » devient alors indécent.
   
carnetrickshaw-unautreregard3.jpg carnetrickshaw-unautreregard2.jpg
        
Dommage. Dommage de ne pas parler hindi quand même. J’aurai demandé au Rickshaw-Wallah s’il était natif de Delhi. Il m’aurait probablement répondu que non, qu’ il est originaire d’un de ces villages pauvres de l’Inde. Je ne sais pas. J’imagine juste. Comme beaucoup, j’imagine qu’il a dû venir lui aussi ici à la Capitale, avec plein d’espoirs, plein de rêves et d’illusions pour une vie meilleure. On le sait bien, La Capitale, ça ne peut offrir que le Bonheur. Sûr de ça, lui, nous, d’autres encore. Comme beaucoup. Comme beaucoup, il a dû se trouver bien seul en descendant du bus ou du train, au milieu de ces hurlements, de ce vacarme assourdissant, de cette circulation effrayante, de cette foule effarante. L’Inde, Delhi entre autre, ça « secoue » dit-on souvent. Pour nous autres touristes qui y débarquons pour la première fois. Mais sans doute plus encore pour un paysan indien qui arrive à Delhi depuis son village, un village de quelques âmes seulement bien souvent, dont la journée s’organise au rythme du bétail qu’il faut conduire au champ ou du blé qu’il faut aller faner. Ici à Delhi, rien de tout ça, rien de semblable. Explosée en plein vol la nature qui rythme la journée, anéanti l’espace-temps volé au soleil, au vent et à la pluie. Les éléments se désintègrent ici dans une pollution urbaine sonore et olfactive anéantissante.
Alors comme beaucoup aussi, il a dû déchanter. Combien de temps se raccrochera-t-il, ou s’est-il raccroché, à ses illusions pour lesquelles il a sans doute tout quitté, son village, sa femme ses enfants ses parents. Je lui aurai demandé tout ça.
 
Je ne sais pas. J’imagine juste. Au gré de ce que j’ai pu lire et avoir appris sur le sort de ces Rickshaw-Wallahs.
Il parle hindi, il ne parle pas anglais. A quoi bon l’anglais dans de telles circonstances.
Je ne parle pas hindi.
Dommage. C’est bien dommage.
Je lui aurai demandé s’il est marié, s’il a des enfants.
Je lui aurai demandé depuis combien de temps il fait ce travail.
Je lui aurai demandé combien de kilomètres il fait chaque jour.
Je lui aurai demandé s’il est propriétaire de son rickshaw ou bien s’il le loue comme bon nombre de ses congénères.
Je lui aurai demandé si c’était lui qui avait réalisé ces peintures flamboyantes sur les garde-boues de son rickshaw. Elles sont très « indiennes » j’allais dire. Je les trouve belles.
 
Je lui aurai aussi demandé où il va dormir ce soir, ce qu’il va manger. Peut-être du reste que ce soir, il ne mangera pas. Quelques coupe-faims tout au long de la journée, et ça fera bien l’affaire. Quant à dormir, il ira peut-être garer son rickshaw sur un trottoir quelconque de Delhi et s’assoupira quelques heures, allongé en équilibre. On en voit beaucoup ainsi. Peut-on seulement parler de dormir dans des circonstances pareilles. Sans toit, sans abri, sans nulle part où aller, sans nulle part où aller pour prendre cinq minutes avec soi-même. Sans chez-soi.
Ou bien peut-être a-t-il au moins la chance, lui, de trouver refuge auprès de ces baraquements mis parfois à disposition des Rickshaw-Wallahs par les propriétaires de rickshaws. Je ne sais pas.. Y trouve-t-on pour autant le sommeil profond quand toute la journée on a pédalé dans une circulation effrénée, jusqu’à l’épuisement parfois, par 40°, dans une atmosphère polluée et irritante.
 
carnetrickshaw-unautreregard4.jpg carnetrickshaw-unautreregard1-copie-1.jpg  
Demain, il repartira sans doute pour ses tournées, transportera peut-être encore d’autres touristes, comme moi. Peut-être que eux, au moins, ils bafouilleront quelques mots hindi. Peut-être que eux, ils lui demanderont tout ce que je n’ai pas pu lui demander, ils s’intéresseront à lui, à sa vie.
 
En attendant, on va toujours aller boire un chaï ensemble. S’il le veut. Ok, ça ne changera rien à son sort. Mais je peux croire que ce sera peut-être pour lui toujours ça de pris.
Ca de pris.
Et quoiqu’il en soit, par des sourires des regards des « gesticulations » aussi, on finira bien par échanger, par nous comprendre.
Pas assez sans doute pour que j’apprenne de lui comment il me perçoit. Dommage. Ca aurait été là une autre histoire, bien enrichissante pour moi. »
 
Jean-Louis
 
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2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 23:59

Vous trouverez ici une rubrique consacrée à des témoignages de quelques voyageurs évoquant leurs rencontres avec les Rickshaw-Wallahs. Des anecdotes, « brutes », livrées tel quel...  
Si vous aussi vous souhaitez participer à cette rubrique, n’hésitez pas à me contacter. Vos témoignages seront mis en ligne. C’est aussi là le sens de ce blog.

Jean-Louis

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2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 00:05

"(...)
   A une échelle très différente, j'ai agi pareil avec les "cyclos-rickshaws" . Ces vélos biplaces, 80 kilos à vide et pas de dérailleur, qui servent encore, dans beaucoup trop de villes, de taxi. Je les ai rarement pris (principalement à Varanasi et Delhi) et mon esprit a toujours été partagé entre le désir de faire vivre une personne (et, indirectement, une famille) ou perpétuer une situation d'exploitation presque coloniale.              
 
   Ce qui m’a d’abord intrigue, c’est la taille des mollets des conducteurs de rickshaws : si ces velos bringueballants charges de frigos ou de gros americains sont si pénibles, comment expliquer que leurs mollets ne soient pas muscles ? 
   J’ai donc voulu en avoir le Coeur net : de la gare de Varanasi au “centre-ville”, il y a 3 kilomètres. J’ai donc demandé au conducteur de cyclo-rickshaw, hilare, de s’asseoir à l’arrière, et j’ai pédalé pour rentrer. 
   Le premier probleme est de “lancer” la machine de 200 kilos. Il faut en fait prendre quelques mètres d’élan en poussant le cyclo, puis sauter dessus et continuer à pédaler. A partir de ce moment, tant que la route est plane et que la circulation est fluide, pédaler n’est pas physiquement difficile. A condition de ne pas être pressé. Mais bon, on est en Inde. 
    La situation se complique quand le traffic s’épaissit. La marge de manoeuvre, avec cet engin, est assez…surprenante au début. Pas moyen, pour moi, de me faufiler entre les voitures, les motos, les cheveaux et les chiens. Le pire, c’est quand il faut s’arrêter… il faut ensuire sauter du velo et courir de nouveau à côté sur quelques mètres. 
   Le deuxième probleme, c’est quand la route n’est plus plate. Qu’elle monte ou qu’elle descende. Même imperceptiblement. En effet, dans chaque petite descente, le cyclo-rickshaw prend de la vitesse, et devient vite incontrollable. Une seule solution : klaxonner, crier et serrer les fesses jusqu’à la fin. 
    Pour les montées, c’est le contraire. Le plus petit faux-plat deviant un Paris-Roubaix. A nouveau, il faut descendre et pousser à côté. 
   Conclusion : le cyclo-rickshaw, ce n’est pas très difficile sur une route plate et degagee. Mais ensuite, il faut des nerfs d’indien. 
   En tout cas, je ne regrette pas. Et puis, les passants passaient de la surprise au rire en voyant un occidental crier “Chola ! Chola !” en conduisant un cyclo-rickshaw sur lequel trônait, hilare, le conducteur officiel. "
Thibaud
Retrouvez Thibaud sur :
http://un-indien-dans-la-ville.over-blog.com/

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2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 00:03
(...)
"Je vais témoigner de mon expérience avec un vélo rickshaw et qui a changé ma façon de voir les choses.
C'était en novembre 2007, je débarquais à la gare routière de Pondicherry. Une cohorte de rickshaw wallah me sollicite pour une course. L'un d'entre attire mon attention par son calme, sans me forcer la main. Après négociation, nous nous entendons sur le prix : 30 R. Je le suis, nous sortons de la gare routière. et là, quelle fut pas ma surprise de voir un "vélo rickshaw". J'avais toujours décidé, par principe, de ne jamais prendre un vélo rickshaw. De voir ces pauvres gars, s'éreinter à me tirer moi et mes 15kg de paquetage sous le cagnare de l'Inde, était pour moi inacceptable ! Même si je savais au fond de moi-même, que la plupart de ces gens avais une famille à nourrir. Je fais la moue, me voilà bien embêté. Mais bon, je me suis engagé, je ne peux plus reculer. Et ce que je redoutais arriva ! Plus on avançait, plus le rythme ralentissait, et plus mon conducteur transpirait. Ma gêne et ma honte, elles aussi, allaint créchendo. Le temps me paraissais interminable, et dire que j'avais négocié la course pour 30r... enfin, au bout de 10mn, 1/4h, je ne sais plus trop, on arrive à cette guesthouss de charme que j'avais repéré dans mon guide. On m'annonce le prix de 500r. Trop chère pour moi. Je demande à mon conducteur de me conduire à une autre adresse. Je suis toujours aussi gêné, je lui demande si ce n'est pas trop loin. Il me rassure, avec un sourire, en me répondant que non. Après s'être reposé 5 mn, voici que son visage ruisselle à nouveau de sueur. J'essaie de déculpabiliser en me disant que de toute façon, je lui donnerai un bon pourboire. Arrivé à la deuxième adresse, le problème du prix se pose encore.
Je lui demande alors s'il connaît une adresse pas trop chère. J'insiste sur le rapport qualité-prix. Il affirme connaître une guesthouss qui me conviendrait. Je suis suspicieux, je me dis (par expérience) qu'il va peut-être m'emmener dans un boui-boui où il touchera sa commission. Mais bon, je tente le coup. et nous voilà à nouveau sur la route, pédalant encore une bonne dizaine de minutes. Arrivé à l'endroit,on accède à la guesthousse en traversant une grande allée bordée de végétaux et de fleurs, c'est charmant. Je demande à visiter une chambre. Elle est monacale, mais les draps sont d'un blanc immaculé, il y a une télé et surtout, comble du luxe en Inde, une douche avec l'eau chaude. Je me demandais qu'elle prix j'allais bien pouvoir négocier. Et bien, j'ai réussis à négocier la chambre pour 175r par jour (pour 5 jours tout de même). Je n'en revenais pas, je n'avais jamais trouvé un aussi meilleurs rapport qualité-prix en 1 mois et demi de voyage en Inde. J'ai rejoints mon conducteur en le remerciant vivement et lui ai tendus un billet de 100r en plus des 30 de départ. Il a ouvert de grand yeux, étonné, lui non plus n'en revenait pas. Après coup, je me suis dis que j'aurais pu lui donner plus, vue l'économie que j'avais fais. Encore une fois j'ai eu honte de moi, mais cette fois ci d'avoir douté de lui. J'avais ramené une montre dans mon sac, que j'avais dans l'idée de donner à quelqu'un. C'était là l'occasion, il la méritait vraiment. Hélas, j'ai eu beau essayer de le retrouver en scooter, même à la gare routière, je ne l'ai jamais revu. J'ai regretté de ne pas avoir pu lui faire ce cadeau.
Cette expérience a profondément modifié mes a priori sur les vélos rickshaw, et certainement mes préjugés dans la relation à l'Autre. Il faut vivre ses propres ses expériences et faire abstraction du reste qui ne peut être que subjectif.
Pour info, le nom de l'hôtel (plutôt guesthouss) "Hôtel Continental" 48, Labourdonnais street. Dans le quartier Français, le plus sympa à mon goût."
(...)

Jean
février 2009

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2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 00:02

"J'étais avec un copain bangladeshi et on cherchait un rickshaw. 
Je lui dis : "tiens on peut prendre celui ci" en lui montrant du doigt un rickshaw arreté. 
Il me répond : "non non il est trop vieux..."(le conducteur). 
En fait, plus ils vieillissent et plus c'est dur pour eux, d'une part physiquement, et d'autre part parce qu'ils ont de moins en moins de courses car les gens préfèrent les jeunes conducteurs qui vont plus vite.

Une derniere anedocte concerne un article que j'ai lu dans le Daily Times il y a 1 mois environ quand j'étais au Bangladesh. Cela relatait l'histoire d'un jeune qui suite à un accident, a perdu la jambe droite et le bras gauche. Après avoir mendié pendant plusieurs années, il n'était pas satisfait de sa vie car il ne supportait pas de mendier. Alors il a réussi à convaincre un loueur de rickshaw (comme je disais, la grande majorité des rickshaw driver louent leur rickshaw) de lui en louer un. Et depuis, il est rickshaw à Dhaka, la capitale. Il raconte qu'il ne peut prendre qu'une seule personne à la fois, que beaucoup de gens refusent encore de monter dans son rickshaw, mais que all in all, il arrive à vivre de ça. Une magnifique histoire accompagnée d'une photo où tu le vois sur son rickshaw avec un bras et une jambe en moins. Je crois bien qu'il s'agissait du Daily Times ...
(...)
Et sinon il n'est pas rare de voir des babous (des enfants) de 10-12 ans conduirent des rickshaws...." 

Pierre 
janvier 2008

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2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 00:01

"L'année dernière à Jaipur, après m'être perdu à de multiples reprises dans la ville, je décide de répondre à la sollicitation d'un rickshaw pour m'emmener visiter le fort d'Amber. Je me demandais bien comment il allait arriver jusque là en pédalant, sachant que c'était assez loin et que cela montait. Nous y sommes bien arrivés, parfois en poussant (à deux) le rickshaw, et il m'attendait pour le retour.
En rentrant, j'ai senti qu'il voulait me faire visiter différents commerces. J'ai eu les arguments les plus c... pour l'éviter ("Shopping, that's for women."..), mais il insistait. Malgré moi, j'ai visité deux magasins qui ne m'intéressaient pas. J'ai fait la leçon à A.., le conducteur, qui m'a finalement avoué qu'il recevait 50 rps de chaque commerce, même si je n'achetais rien, pour autant que j'y reste au moins une dizaine de minutes.
Nous avons donc conclu un "deal". J'acceptais de visiter quelques commerces, et en échange, il me faisait visiter des coins sympas. Finalement, A... a été mon chauffeur personnel pendant trois jours ! Si je retourne cette année dans cette ville, j'ai son n° de téléphone et je n'hésiterai pas à l'appeler ! "


Manu
août 2008

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1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 00:59

Un Voyage, non pas pour prétendre à vouloir changer le sort des Rickshaw Wallahs,

Un Voyage, non pas pour prétendre à vouloir me confronter à la pénibilité de leur travail,

non, un Voyage sans aucune de ces ambitions.

... 

Un voyage, et rendre compte de la vie des Rickshaw Wallahs et de leurs témoignages,

et rien de plus…

... 

Un Voyage…

... sans doute aussi parce que j’avais déjà croisé des Rickshaw-Wallahs au cours de mes précédentes escapades indiennes...
http://www.carnet-rickshaw.com/2-categorie-10094838.html

...
Un Voyage...

...sans doute aussi parce que j’avais lu tant de médisances sur les Rickshaw-Wallahs…

http://www.carnet-rickshaw.com/1-categorie-10094838.html
Je voulais voir sur place, voulais savoir…

....

Il y a Mille et Une raisons à un Voyage…

...Ou bien peut être il n’y en a pas…

 

Jean-Louis 

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1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 00:02

« …Ce n’est un secret pour personne ou presque : les rickshaws (véhicule propulsé par l'homme) touchent une commission des hôtels et des boutiques. Ils sont de manière générale des spécialistes de l'arnaque… »

               -----------------
«… mais on se fait arnaquer par un rickshaw. Règle essentielle : étant un blanc, tu ne peux que te faire arnaquer et il faut donc s'armer… »

               ----------------- 

«… Le Rickshaw driver : "Espèce d'indien la plus détestable d'entre toutes" (…)

Les étrangers étant, par défaut, blancs, pleins de fric, touristes, incultes et perdu au milieu de cette jungle urbaine, le chauffer de rickshaw par défaut va essayer de vous arnaquer par tous les moyens. (…) une course sur 7 ou 8 se termine en engueulade. Disons plutôt monologue dans la mesure ou

1) Ils ne parlent généralement guère plus de 10 mots d'anglais

2) Ils vous regardent bêtement en souriant, dodelinant lentement de la tête pour signifier qu'il compatie avec votre embarras.

Ceci dit quand ils n'essaient pas de vous arnaquer, les chauffeurs de rickshaw sont généralement assez sympas et plutôt disposes à vous aider.. ».

               -----------------

Madame, Monsieur,

Sur la fiche Inde de votre forum , je lis ceci :

 « (...)

Tout le monde sait que les rickshaws touchent une commission des boutiques et des hôtels. Ce sont des spécialistes de l'arnaque. N »

 

Mais bien sur !

Soyez aussi sur de vos vérités aussi absurdes qu'arbitraires, et avec une telle vision des choses, vous contribuerez bien entendu à un tourisme du XXI eme siècle grandi, à un tourisme ouvert sur l'Autre.

(…)

Je ne suis pas angélique non plus, il y a de "tout" ds cette population si j'ose dire, des gens comme d'autres, avec leurs qualités, leurs défauts, mais il n'y a pas plus d'arnaqueur chez ces gens là que chez d'autres.

(…)

En écrivant "Ce sont des spécialistes de l'arnaque", vous caricaturez ces personnes dont beaucoup du reste n'ont aucun contact avec les touristes, avec vos guides, mais tiennent leur gagne pain des courses qu'ils réalisent avec leurs concitoyens.

Mais cette caricature tient peut-être de votre vision de l'Autre en général, ou de celle que vous aimez montrer à votre clientèle pour la satisfaire. C'est vrai qu'en classant les gens ainsi, vous fournissez à vos lecteurs des repères et vous leur permettez de se rassurer eux mêmes avec des clichés caricaturaux, ce n'est rien de le dire

 

Jean-Louis…

 

Réponse du "guide" 

 « Bonjour,
Nous vous remercions de vos remarques qui ont été prises en compte sur notre site.(…)

Cordialement,
La rédaction de r….com »

               -----------------

J’en ai ma claque.

Ma claque de lire ici et là de telles absurdités sur les rickshaw wallah, ma claque d’en voir tant voyager sans aucune prise de recul, d’en voir tant se balader avec l’ esprit formaté prêt à certifier de leur moindre rencontre, de leur moindre expérience « c’est comme ci ! », « c’est comme ça ! ». Ce même état d’esprit qui nous abîme ici et nous détruit chaque jour un peu plus dans notre sociabilité, qui ne laisse aucune place au doute, à la réflexion, à la prise de recul, ce même état d’esprit en guide tant dans leur pérégrinations. Ils emmènent ça dans leurs bagages..

 

C'est déconcertant, affligeant. Affligeant que de voir sur sites, blogs ,forums et autres guides, tous ces témoignages caricaturaux sur les rikshaws wallah..

Des sites qui se revendiquent pour certains « spécialisés » sur l’Inde, qui abordent le pays et traitent des rickshaw wallah entre autre, exclusivement sous le prisme du Voyageur. Ca ne les gêne pas, ça ne les interroge pas, ça ne les trouble pas le moins du monde. Voyageur qui ne se satisfait plus d’être le nombril du monde sur ses propres terres. Il s’en va désormais juger du monde et de l’Humanité au gré de ses périples, de ses rencontres et de ses expériences personnelles. ll donnera alors sentence sur tout un pays ou une frange de population.

 

Du reste, dans leurs écrits, ces gens ne parlent plus de rickshaw wallah mais de rickshaw. La personne n’est plus, il ne reste que l’Image. Cliché. Symbole. Réducteur. Salut Voyageur ! Où est l’Etre Humain ?

Où est l’Etre Humain à la rencontre duquel dis tu t’es parti Voyageur, quand t’y vas de tes caricatures sur ces hommes, quand t’y vas de tes certitudes. Tu les tiens ces certitudes de tes mésaventures personnelles, rien de plus.

Qu’est ce que tu fais de ton esprit d’ouverture quand tu certifies « Vérité ! » tes pensées conséquentes à tes déconvenues.

Qu’est ce que tu fais de ta soif de rencontre quand tu généralises sur la base de ta propre expérience, de ta soif de connaître quand tu rends ta sentence « rickshaw-–arnaque ». De ces gens là, tu n’en as croisé que quelques uns par tes expériences, rien de plus.

Qu’est ce que tu fais de ton humilité Voyageur, en relayant de tels clichés, qu’est ce que t’as fait de ton humilité là bas, sur place, celle qui aurait du te permettre d’aller au delà de tes déconvenues et de faire leur connaissance, réellement leur connaissance.

 

Et cerise sur le gâteau, des guides parfois, pas tous heureusement, t’ont emboîté si facilemente pas. Des guides qui devraient être là pour nous aider à nous ouvrir les yeux à nous qui avons curiosité et qui voulons en apprendre davantage sur le pays visité, sur sa population.

En réponse, certains d’entre eux offrent des œillères, de belles œillères ! Leurs écrits ne tiennent plus de l’information. Pour qu’il en soit ainsi, il y aurait la forme à y mettre, les mots à peser. Non, pas le temps, juste un « cliché », ça va bien mieux...

 

Alors pourquoi cela dis moi ? La caricature te permet-elle d’esquisser tes marques et tes jalons Voyageur? Classer les gens en « Bon » ou « Mauvais » permet-il au plus frileux des tiens d’avoir l’illusion de ses quelques repères et de se sentir rassuré ?

Je n’en sais rien..

Mais stop ! L’Homme n’est pas une marchandise qu’on range, qu’on classe. T’es parti voir ça, Voyageur, n’est-ce pas. Enfin, c’est ce que je croyais

On ne range pas les Hommes, on ne les classe pas en les étiquetant « Bon » ou « Mauvais ».
Pas même les Rickshaw Wallah Voyageur.
Pas même les Rickshaw Wallah...

Un cri de colère.

Rien de plus...

 

Jean Louis

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1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 00:01
Correspondance 21 juillet 2007
«(…)

Cette idée de voyage m’est venue comme ça, sans que je sache très bien comment, très bien pourquoi. En provoquant un peu, j'allais te dire que je n'y suis pour rien. C'est vrai, j’ai cette étrange sensation que c’est le projet qui m’est tombé dessus, plus que je ne l’ai choisi, et je le suis au gré des informations que je glane ici et là, au gré des rencontres et des conseils que je trouve. J’ai cette impression étrange de n’être que l’exécutant d’une chimère enfouie qui surgit là maintenant et qui m’entraine. Pourquoi maintenant ? Va savoir ! (...) 

(...) Vois tu, je me suis rendu plusieurs fois en Inde, et j’ai réalisé il n’y a pas longtemps que je ne connaissais rien à la vie des rickshaw-wallahs, des rickshaw-wallahs que j’ai pourtant croisés maintes fois au cours de mes précédentes escapades. On passe, on circule, on bourlingue, mais pas mal de choses nous échappent au fond dans un voyage, on ne capture pas tout. Je suis sans doute passé à coté d’autres gens aussi dans mes périples, à coté de mille autres fortunes.

C’est peut-être pour palier à ces rendez-vous manqués que ce projet a surgi naturellement, de fait, et me voilà au début de l’histoire

(...) » 

  
Correspondance 28 décembre 2007
«(…)
je me réoriente vers un «séjour » uniquement sur l'Inde et le Bangladesh, toujours à rickshaw (…) . Je ne chercherai pas à revenir du Bangladesh avec le rickshaw en traversant le Pakistan, l’Iran, etc, comme je le pensais initialement. Je veux en effet "m'effacer" si je puis dire dans ce projet, "mettre en valeur" et "donner la parole" aux conducteurs de rickshaw . Cette idée de sillonner les deux pays et d'aller au contact des rickshaw wallahs m'est alors apparue comme "naturelle", évidente. Je veux par le biais d’un voyage à rickshaw chercher à vivre autant que possible à leur contact.Après la réalité, qu’est-ce qu’elle sera…
(…) »

                    

Correspondance septembre 2008 :

«(...)

Etre en accord avec soi. Ce projet n’est rien d’autre. J’emmènerai loin cette chimère surgie de je n’sais où. De l’inconscient peut-être, nourris des souvenirs tronqués, de ces rencontres que je n’ai pas eues avec les rickshaw-wallahs au cours de mes précédents voyages en Inde, de ces rendez-vous manqués. Je ne sais pas.

Et puis, après tout, pourquoi expliquer, pourquoi justifier, pourquoi chercher à savoir.

Seulement « faire ». Ramasser ses pensées, s'effacer, s’abandonner à elles et se laisser conduire.

(...) »


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Jean-Louis

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Published by jean-louis - dans 5 Le Voyage...
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