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  • : Blog consacré aux Rickshaw Wallahs et relayant un voyage Dhaka-Delhi à vélo-rickshaw (oct 2008-mars 2009)
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1 juin 2008 7 01 /06 /juin /2008 00:02

A Dhaka, on estime le nombre de rickshaws à 200 000, chiffre « officiel ». Certains parlent de 400 000, d’autres de 500 000. Leur nombre exact est inconnu car nombreux sont ceux qui exercent sans licence d’exploitation. Les rickshaws sont si nombreux qu’ils en sont devenus un prétexte « facile » pour les autorités pour expliquer les embouteillages de la capitale et sa circulation catastrophique. Prétexte et alibi pour elles pour interdire alors aux Rickshaw-Wallahs certains accès dans la capitale et se lancer sans délicatesse dans la démolition des rickshaws illégaux.

 

Chaque rickshaw doit posséder une licence. Celles-ci sont parfois illicitement copiées. Des contrôles sont parfois effectués par les autorités. Les rickshaws sans licence sont alors confisqués. Ils sont entreposés dans des no man’s lands et laissés à l’abandon.
            

(http://www.carnet-rickshaw.com/5-categorie-10511140.html)
Il semble cependant que certains d’entre eux soient restaurés puis remis selon certains critères à des personnes sans revenu habitant les campagnes ayant formulé une demande auprès des autorités.

 

Le coût d’un rickshaw est de 12000/14000 takas environ (130 / 150 Euros). La très grande majorité des Rickshaw-Wallahs louent leur rickshaw au Bangladesh. Rares sont ceux qui en sont propriétaires. Certains d’entre eux en sont devenus propriétaires grâce à la contribution financière d’un « client » étranger.

 

Les Compagnies de rickshaws à Dhaka sont souvent très bien organisées. Sur un même lieu, on trouve :

- un ou plusieurs mécaniciens entretenant le parc des rickshaws. Ils sont payés par le « boss » de la compagnie

 

              
- un ou plusieurs « dortoirs » à l’attention des rickshaw wallahs louant leur rickshaw à la Compagnie. Ces « dortoirs » sont situés en hauteur, au dessus du parc-garage des rickshaws. Il s’agit d’un plancher bois, à l’air libre, couvert d’une toiture métallique. Les rickshaw wallahs dorment là, allongés les uns à cotés des autres. La nuitée est gratuite.

           

- un espace pour prendre les repas : un cuisinier se charge des achats et de préparer les repas des rickshaw wallahs. Il est secondé parfois par sa femme, ou par des femmes habitant le quartier de la Compagnie. Il n’est pas payé par le « boss » de la Compagnie. Il sollicite les rickshaw wallahs souhaitant prendre leur repas. C’est de cette somme quémandée qu’il tirera profit pour son salaire .

          

- un espace pour la toilette des rickshaw wallahs : une fontaine dans un coin de la cour permet aux rickshaw wallahs de faire leur toilette. Ils font leur toilette habillés, gardant leur lungi. Il n’y a aucune « intimité » possible dans cette vie en communauté. Des cabinets de toilette fermés des plus rudimentaires, sont à leur disposition. Les conditions d’hygiène sont très très précaires, les odeurs nauséabondes.

           

De telles Compagnies ne semblent exister qu’à Dhaka. En milieu rural, ou dans les autres villes du Bangladesh, les Compagnies ne semblent assurer que la location et l’entretien du rickshaw.

 

Certains rickshaw wallahs ne travaillent qu’à la demi journée. Le rickshaw est ainsi loué sur 24 heures à deux rickshaw wallahs. Le coût de la location s’en trouve divisé par deux.

Certains préfèrent travailler la nuit, le coût des commissions étant doublé.

 

La vie en communauté n’étant pas des plus faciles (ce sont parfois plus de 100 rickshaw wallahs qui sont hébergés dans les Compagnies), certains d’entre eux préfèrent vivre et dormir dans la rue.

 

En province, dans les campagnes notamment, les maleks (propriétaires de rickshaw) n’ont parfois que deux ou trois rickshaws à louer. Ils ont un « job » autre à coté. Cette activité n’est pour eux qu’un moyen substantiel « d’arrondir » leurs fins de mois.

 

Il est semble-t-il nécessaire à Dhaka de « parler » anglais pour se tenir à proximité des hôtels fréquentés par la clientèle étrangère. Il semble que ce soit là le critère de « sélection ». Il existe une différence « notable » des conditions de vie entre les rickshaw wallahs qui travaillent auprès de ces établissements et les autres. Les courses avec les « foreigners » se font payer plus chères

 

Des cuisiniers assurent les repas du milieu de journée dans les rues de Dhaka, pour les rickshaw wallahs qui ne retournent pas à leur Compagnie, ou pour tout autre personne. Le coût est de 30 takas environ (riz, viande, dal)

      

 

Les Rickshaw-Wallahs sont parfois amenés à faire de nombreux kilomètres. Un rickshaw wallah de retour d’une course m’a ainsi accompagné pendant 30 kms. Il aura parcouru 60 kms dans sa journée.

 

Les Rickshaw-Wallahs que j’ai rencontrés: 

- Ils ne savent souvent ni lire, ni écrire

- Ils sont devenus rickshaw wallahs parce qu’ils ne savent et ne peuvent rien faire d’autre disent-ils

- Ils se plaignent

     de la difficulté physique à pédaler

     des conditions de circulation (pollution, risque d’accident…)

     de la difficulté de se faire payer par les clients quels qu’ils soient (bangladeshis ou étrangers)

     de la police avec qui ils ont des relations « ambiguës »

     de la difficulté de leurs conditions de vie (nuitées, repas…)

     du peu d’argent gagné

     d’être mal considérés par leurs concitoyens

 

Tarif de location – Salaires :

Suite à mes rencontres et aux croisements d’informations, un rickshaw se loue sur Dhaka de 80 à 100 takas la journée suivant l’état du rickshaw. Le tarif de ces locations est divisé par deux en province, variant de 30 à 40 takas.

Un Rickshaw-Wallah peut espérer gagner autour de 400 Takas dans une journée sur Dhaka (il doit retirer le tarif de sa location sur ces 400 takas). 

 

Je me suis rendu compte en sillonnant les routes du Bangladesh,  combien les Rickshaw-Wallahs sont essentiels à l’économie du pays. Leur nombre, tant en milieu rural qu’en milieu urbain est proprement « hallucinant », inimaginable. C’est là le signe qu’ils pallient sans doute aux insuffisances des moyens de transports (transport en communs et fret de marchandises) et qu’ils sont d’un coût abordable pour la population bangladeshie.

Les transports en communs étant encore mal organisés et de mauvaises qualités (correspondances aléatoires, prix « fluctuants », confort inexistant…), les bangladeshis ne sont pas près à abandonner les déplacements en rickshaw, si bien même les autorités prennent des mesures radicales visant à interdire dans les villes certaines rues aux rickshaw wallahs. La suppression des rickshaws serait ainsi un non sens pour bon nombre de bangladeshis.

 

Ps :  1 euros = 96 takas (nov 2008)

                            Pour en savoir plus:


Portrait de Rickshaw-Wallah :
http://www.carnet-rickshaw.com/1-categorie-10511140.html
http://www.carnet-rickshaw.com/7-categorie-10511140.html
http://www.carnet-rickshaw.com/8-categorie-10511140.html

Le quotidien d'un Rickshaw-Wallah:
http://www.carnet-rickshaw.com/3-categorie-10511136.html
http://www.carnet-rickshaw.com/10-categorie-10511136.html


Jean-Louis


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